J’installe in situ dans des espaces qui me sont étrangers, des images numériques créées à partir de photographies de ma peau. Métamorphosé et recontextualisé, ce corps, embryonnaire, semble en émerger, renaître de végétaux ou de pierres, renaître plantes ou cailloux, par un échange substantiel.
Je détourne, retourne les nouvelles technologies vers des impulsions originaires. Ce corps virtuel, loin de s'opposer au corps réel, participe de son énergie extensive, de sa dynamique relationnelle. Il rend visible ce qui s’opère dans l’intervalle qui sépare nos corps de leurs lieux extérieurs : il questionne notre manière d’être au monde, à l’ère des médias numériques.
Je créé des environnements entre-deux, où l’éclatement cellulaire du corps refigure celui des pixels, où l’impression d’immersion des mondes virtuels est importée dans le réel, proposant aux spectateurs une expérience troublante, où se recrée la relation charnelle au lieu-corps originel, avec des moyens actuels et singuliers, qui en interrogent la permanence.


