Promouvoir la beauté de son corps en publiant des photos évocatrices via les ordinateurs de la médiathèque de Pontoise ! Cette façon de faire, très naturelle pour Jean-Claude Dubreuil, alias JCAntonny, n'est pas vraiment du goût de la municipalité. Vendredi dernier, le responsable multimédia s'est opposé à ce que l'artiste utilise les ordinateurs de la médiathèque pour déposer des photos. Résultat : le mannequin s'estime « censuré ». Il veut s'adresser au tribunal d'instance pour dénoncer une situation qu'il juge « aberrante ». « Je n'ai pas les moyens d'avoir un ordinateur et Internet chez moi » A 44 ans, JCAntonny se rend régulièrement dans les locaux de la rue Alexandre-Prachay pour se connecter gratuitement sur l'un des ordinateurs de la bibliothèque. « Je n'ai pas les moyens d'avoir un ordinateur et Internet chez moi. Je dépose ces photos sur le site qui m'héberge. Ce sont des photos de mode, il y a aussi du nu artistique, mais rien de pornographique là-dedans. Dans le métier de mannequin, c'est comme ça que l'on repère les gens. C'est mon outil de travail, et tout le monde a le droit de déposer son œuvre », se défend-il. JCAntonny a effectivement mis en ligne des dizaines de photos classées par années et par thèmes. On découvre la version « orange mécanique » ou le style « pompier », quant au JC « voyou », le style est très dénudé. « On m'accuse de me toucher le sexe alors que je ne fais que le cacher », s'indigne le mannequin. Pour prouver sa bonne foi, il met en avant un certain nombre d'expositions de photos auxquelles il a participé à Paris mais aussi à Saint-Ouen-l'Aumône, où il habite. A la mairie de Pontoise, l'affaire est prise très au sérieux. « J'ai reçu ce monsieur la semaine dernière. Je lui ai expliqué qu'il n'y avait aucune sorte de censure à son égard. Il doit néanmoins respecter les autres usagers de la médiathèque et ne pas déposer de photos en présence de mineurs ou de personnes qui pourraient être choquées. Nous sommes arrivés à ce compromis », explique Patrick Morcello, l'adjoint au maire en charge de la culture. L'affaire de l'artiste incompris conduit même la webmestre à revoir la charte d'utilisation d'Internet pour la ville.
Le Parisien

